Ce que nous avons appris

Les huit enseignements du chantier

1- Le travail par groupes de pairs est essentiel pour garantir une vraie place à la parole des parents :


La coopération entre acteurs éducatifs suppose de créer les conditions de symétrie entre parents-professionnels-élus. Initié dans les séminaires nationaux du chantier, le travail par groupes de pairs s’est imposé comme un processus qui garantit une vraie place à la parole des parents en donnant du temps pour que leur point de vue collectivement prenne forme avant la confrontation aux autres acteurs éducatifs (le croisement). Ce processus passe par la reconnaissance de la singularité de chacun et facilite la participation des parents les plus exclus. Une autre condition est celle de la représentation numérique des parents qui doit tendre vers la parité numérique.


2-L’importance des collectifs de parents, qui renvoie à des dynamiques de pouvoir et à la dimension politique du projet:

Dans un environnement qui tendrait à privilégier les rapports individuels entre parents et institutions, la dimension du collectif s’affirme comme l’espace possible pour réduire la dissymétrie entre parents et les autres acteurs éducatifs. D’une implication individuelle de parents, lors de témoignages individuels à Créteil, à la garantie de temps collectifs à Nantes, nous avons observé la richesse de s’appuyer sur des collectifs de parents en analysant l’évolution des échanges entre les séminaires.

Perspective : favoriser la parole collective des parents les plus exclus - notamment au sein de l’école - serait une des pistes pour réduire la dissymétrie entre les parents et les autres acteurs éducatifs.


3-L’importance d’espaces tiers pour dépasser les « confrontations »

Importance des territoires, comme espaces « contenants » permettant les échanges entre professionnels et familles. La ville

peut être une interface entre enseignants, parents et enfants. Elle permet aussi de dépasser une dualité école-familles, de prendre en compte l’école dans son environnement et l’éducation au delà de l’école (entre pairs, éducation populaire, éducation familiale au sens large du terme).


4-Les interactions entre personnel et collectif, le moteur de la relation éducative.

Le projet ne vise pas à former de « bons » parents selon une norme, un standard mais de faciliter un cheminement personnel par l’engagement collectif. Cet engagement permet de mettre à distance sa propre situation pour comprendre et pour trouver des ressources pour nourrir sa propre relation aux autres acteurs éducatifs. Il n’y a pas de pré-requis ou de savoirs minimums à la participation. Il ne s’agit pas de former de « bons » acteurs, peut être seulement de les préparer à…. ou de les accompagner dans… à être avec les parents tout simplement.


5-Des modalités de travail ensemble ritualisées et « décalées » pour mieux croiser nos subjectivités

Les rites sont essentiels dans cette démarche collective, de même que « faire un pas de côté » permet d’observer, d’objectiver ou plutôt de croiser les subjectivités des personnes et la diversité des situations des sites.

L’importance des rites a été observée dès le deuxième séminaire à travers des séquences comme le marché des expérimentations, les repas collectifs, les temps d’analyse de situations territoriales.

La « richesse » reconnue par les participants d’espaces de d’échange et de travail décalés lors de séquences comme la Luna sur le séminaire de Nantes ou les ateliers d’écriture proposés aux élus des réseaux nationaux pour amorcer l’écriture d’un texte d’engagement politique.


6-Dans ces modalités de travail, une importance particulière à accorder à l’écrit et au travail sur les mots

La coproduction des écrits (appropriation du projet par tous) favorise une conscientisation, une mise à distance, une réappropriation personnelle et collective. Elle permet d’appréhender la complexité et de garder traces du chemin parcouru par chacun et par le groupe.

Perspectives : garantir des temps d’écriture individuelle et collective.


7-Une « plus value » de l’implication des sites dans le processus

Le projet national nourrit les territoires et inversement. Cela valide une démarche « complexe » d’interaction entre l’action locale et nationale, la connaissance « produite » à partir de ces expériences partagées et l’engagement des acteurs.

Ainsi, l’expérience de Maurepas a inspiré le projet national, les journées de Poitiers se sont inspirées des séminaires nationaux, les situations des sites du grand ouest ont été le socle du séminaire de Nantes, des outils développés par les sites ont été réinvestis au niveau national….


8- L’importance de l’inscription de ce projet dans le temps


Elle renvoie à la nécessité de « réconcilier » les temporalités (sans les résoudre), « resynchroniser les temps », notamment entre les familles, professionnels et élus.

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